Marché noir des jeux en ligne : 91,6 milliards d'euros en Europe, la Belgique dans le viseur

Le marché noir des jeux de hasard en ligne ne cesse de croître en Europe. Et les chiffres donnent le vertige.
Une étude présentée le 2 juillet 2026 lors d'une table ronde au Parlement européen révèle que les opérateurs illégaux qui ciblent les joueurs européens ont généré 91,6 milliards d'euros de revenus en 2025. Soit une hausse d'environ 14 % en à peine un an.
En clair : cela concerne aussi directement les joueurs belges.
Un marché illégal plus vaste que jamais
L'étude, réalisée par Gambling Compliance International (GCI) à la demande de l'European Casino Association (ECA), va encore plus loin. Selon ces chiffres, les opérateurs sans licence généreraient désormais la majorité des revenus des jeux en ligne dans les 27 États membres de l'UE.
Plus de 6 200 opérateurs illégaux cibleraient activement les joueurs européens. Et l'addition ne s'arrête pas là. En 2025, les États membres auraient perdu quelque 22,9 milliards d'euros de recettes fiscales à cause de cette activité non régulée.
L'ECA est claire sur un point : il n'existe pas de « marché gris ». Un site est légal s'il dispose de la licence du pays où il est actif. Dans le cas contraire, il est illégal. Point final. Un casino sans licence ne peut jamais cibler légalement des joueurs belges, peu importe où il est enregistré ailleurs.
La Belgique ajoute 12 sites de plus à la liste noire, casinos sans licence compris
Ces chiffres européens tombent au moment précis où la Commission des jeux de hasard (CJH) intensifie sa propre lutte. Le 7 juillet 2026, elle a ajouté 12 nouveaux noms de domaine à sa liste noire, qui atteignait 940 entrées après la mise à jour du 9 juillet.
Plusieurs de ces nouveaux ajouts appartiennent clairement au même réseau. Slotuna, Betalright, Bino et Boomzino apparaissent chacun avec plusieurs variantes de domaine. Une nouvelle preuve qu'un opérateur change souvent tout simplement d'adresse dès qu'un site est bloqué.
Chez gambling.com, nous le répétons depuis des années : mieux vaut jouer sur un casino en ligne agréé par la CJH que sur un domaine qui change de nom tous les six mois.
Les jeunes Belges particulièrement vulnérables
Le problème touche aussi directement les joueurs eux-mêmes. Une étude DataSynergy de 2025, commandée par la CJH, a montré que 28 % des 18-30 ans interrogés en Belgique utilisent des sites de jeu illégaux.
Et c'est là que le bât blesse. Les opérateurs agréés en Belgique doivent vérifier l'identité et l'âge des joueurs, respecter le système d'exclusion EPIS et se conformer aux règles belges en matière de publicité et de promotions. Les sites illégaux ne font rien de tout cela.
Concrètement : si un retrait est bloqué ou un compte fermé sur un site illégal, un joueur belge n'a pratiquement aucun recours auprès des autorités belges.
Le dossier atterrit au Parlement européen
En raison du caractère transfrontalier du problème, l'ECA souhaite que la lutte ne repose plus uniquement sur les régulateurs nationaux. La table ronde a réuni des députés européens, des représentants de la Commission européenne, de l'AMLA, d'Eurojust et d'Europol.
Le député européen Lukas Mandl, qui présidait la réunion, qualifie les jeux d'argent illégaux en ligne de menace transfrontalière touchant à la fois la protection des consommateurs et la criminalité organisée. Il plaide pour un mandat renforcé d'Europol en la matière.
Le président de l'ECA, Erwin van Lambaart, appelle à une coopération plus étroite entre les régulateurs nationaux, les cellules de renseignement financier, Europol et l'AMLA.
À prendre avec des pincettes
Il est important de le préciser : ces chiffres proviennent d'une étude commandée par l'ECA, qui représente les intérêts de l'industrie légale des casinos. La méthodologie complète n'a pas été divulguée. Il ne s'agit donc pas de statistiques officielles de l'UE.
La tendance qu'ils décrivent rejoint toutefois ce que la CJH constate elle-même en Belgique : une liste noire qui ne cesse de s'allonger et des opérateurs illégaux qui s'adaptent plus vite que les régulateurs ne peuvent les bloquer.
Ceux qui veulent parier sur le sport ont donc tout intérêt à choisir un bookmaker belge agréé.
Notre conseil : vérifiez toujours, avant de jouer où que ce soit, si l'opérateur figure sur la liste des sites agréés par la CJH. Cette liste est disponible sur le site officiel de la Commission des jeux de hasard. C'est votre seule garantie de protection en cas de litige.
Les jeux de hasard peuvent créer une dépendance. Jouez avec modération et sans excès. Les jeux de hasard sont interdits aux mineurs. Plus d'infos via aideauxjoueurs.be.



