L’Alberta est prête au démarrage

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L’Alberta est prête au démarrage

Les jeux en ligne vont être régulés dans la province à partir du 13 juillet, mais le niveau de demande d’agréments montre à quel point le dispositif réglementaire joue un rôle important dans le succès (ou l’échec) de tels projets.

Un cadre réglementaire accueillant pour les opérateurs

La régulation des jeux et paris sportifs en ligne en Alberta entre en vigueur le 13 juillet et, si les opérateurs auraient sans doute apprécié un lancement un mois avant, afin de bénéficier de la Coupe du monde, ils peuvent se réjouir de se lancer dans une juridiction qui, de manière générale, offre un cadre réglementaire qui leur est plutôt accueillant.

En effet, la province d’Alberta leur permettra d'opérer des paris sportifs et des jeux de casino en ligne dans un environnement où ils pourront promouvoir leurs produits de manière ouverte et dans un cadre bien défini. Celui-ci comprendra des mesures interdisant la promotion directe de bonus ou de promesses de gains, mais ils auront accès à tous les canaux de communication qui leur permettront d’adresser le grand public.

Contexte canadien

Si ces mesures sont de bon augure pour les opérateurs, il convient aussi de noter que le Canada occupe une place de premier plan sur le marché des jeux d'argent en ligne depuis plus de 20 ans et, du moins historiquement, a toujours semblé être un marché idéal pour des opérateurs en quête de consommateurs prospères, prêts à parier et grands fans de sport. Bien avant la régulation par l'Ontario de son secteur des jeux en ligne, le pays entier était un des plus importants ‘marchés gris’ au monde et était ciblé par les plus grandes marques de jeux en ligne.

De PokerStars à Betway ou Bwin, en passant par les opérateurs nord-américains tels Bodog ou encore Betonline qui ciblaient le marché grâce à des licences des juridictions des Premières Nations comme Kahnawake ; tous profitaient pleinement du marché sans véritables risques juridiques ou commerciaux.

De plus, contrairement à leur voisin états-unien, les autorités canadiennes n'ont jamais bloqué ces sites de paris sportifs ou de casino, comme ça a été le cas avec Full Tilt Poker et PokerStars lors du Black Friday de 2011, ou arrêté leurs dirigeants qui se trouvaient de passage aux Etats-Unis, comme ça a été le cas il y a de nombreuses années avec David Carruthers de BetonSports ou encore Peter Dicks de Sportingbet.

Déjà 47 demandes

L'intérêt des opérateurs envers l’Alberta est évident : 47 d’entre eux ont déjà déposé des demandes de licences auprès du régulateur, l’Alberta Gaming and Liquor Commission (AGLC).

Comme l'explique Steve McAllister, rédacteur-en-chef du site de presse professionnelle Gaming News Canada : “L'Alberta a l'avantage de pouvoir tirer les leçons de quatre années d'expérience du marché réglementé de l'Ontario, notamment en matière de règles de lutte contre le blanchiment d'argent ; et de disposer d'un système centralisé d'auto-exclusion prêt à être mis en service dès le lancement du marché en juillet.”

Si la mise en place du programme des interdits de jeu par le régulateur ontarien, iGaming Ontario, n'a eu lieu qu’en mai de cette année et a été une source de frustration pour les acteurs du secteur, la majorité des autres éléments de la régulation de la province ont été positifs.

Les bénéfices de la régulation ontarienne se font aussi sentir par les opérateurs. Le régulateur de la province, la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario, a publié un sondage la semaine dernière qui a révélé que 91% des joueurs ontariens préfèrent les sites de jeux régulés à ceux qui ne le sont pas.

De plus, seulement 8,9% des répondants préféraient jouer sur des sites non-régulés, “ce qui représente une baisse notable par rapport aux 16,3% de l’année dernière”. La Commission note aussi qu’avant “le lancement du marché concurrentiel des jeux sur Internet de l’Ontario en avril 2022, le gouvernement avait estimé que 70% des jeux sur Internet se déroulaient sur des sites non-réglementés”.

Pour une analyse rapide il suffit de comparer ces taux de canalisation avec ceux aux Pays-Bas ou en Allemagne pour voir à quel point la régulation peut être importante pour engendrer un environnement de travail et de réglementation positif.

Cadre clair et normes applicables

Le fait que le marché repose sur “des normes claires et applicables qui exigent des exploitants qu’ils mettent en place des mesures solides de protection des consommateurs, telles que l’intégrité des jeux et des mesures de jeu responsable” aide à générer une canalisation élevée.

Le cadre réglementaire permet aussi aux opérateurs de faire de la publicité ouvertement et avec une gamme de produits qui de manière générale est compétitive lorsque comparée à celle des sites illégaux. L’importance de tels facteurs aide les acteurs légaux à attirer les joueurs ontariens et, comme l'explique la Commission, elle “utilise ces résultats dans le cadre de son travail pour lutter activement contre le marché illégal des jeux d’argent en Ontario”.

Mais malgré le ton positif en Ontario et en Alberta, les deux autres provinces importantes que sont la Colombie-Britannique et le Québec ne montrent aucun signe de flexibilité en ce qui concerne toute régulation des jeux en ligne dans leurs juridictions.

Le refus de considérer la question émane principalement des monopoles provinciaux de Loto-Québec et de la British Columbia Lottery Corporation. Comme le note Steve McAllister, “au final, la décision revient aux gouvernements provinciaux et ceux-ci semblent s’aligner avec ces sociétés.” En attendant, les joueurs de l’Alberta pourront bénéficier d’une offre régulée et transparente à partir du 13 juillet.

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